Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /2007 20:08
Nous allons reloger Saadia Ben Faraji

La première demande de relogement de Saadia Ben Faraji, veuve handicapée, remonte à 1991. Elle habite dans un appartement insalubre au 8e étage avec trois enfants, dont une fille de 11 ans trisomique, attirée par le vide. L’ascenseur est souvent en panne selon la locataire. Avec les années, elle a développé un handicap au dos, reconnu par la Cotorep, car elle est obligée de porter sa fille jusqu’au 8e. La Cimade rend publique la décision de la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) qui vous condamne, ainsi que Hérault-Habitat, pour discrimination dans l’accès au logement. Comment peut-on arriver à une situation aussi dramatique ?

 

Louis Pouget : La commission d’attribution d’ACM, ex-Opac, a fait une proposition à cette locataire le 21 mai dernier. Elle a refusé. Nous lui avons attribué un F4 au rez-de-chaussée pour un montant de 567,99 € par mois à la résidence Las Rébès, alors qu’elle paie 551 € pour un F3 au Petit-Bard. Nous avons plus de 10 000 demandes en attente. Elle n’est pas la seule à être en difficulté. Nous avons des demandeurs qui sont à la rue en septembre parce que leurs logements sont mis en demeure. Ce sont aussi des cas urgents.

 

Saadia Ben Faraji demande un appartement sécurisé, en bon état et près du Château d’Ô (où sa fille est placée dans une institution privée). Sa seule exigence est donc d’avoir un F4 à la Pergola au premier étage, ou bien dans les résidences de Malbosc ou à La Paillade. Celui que vous lui avez proposé est trop humide et les fenêtres donnent sur la route. Sa fille peut se sauver facilement. Pourquoi ne pouvez-vous pas répondre à sa demande ?

 

L’ACM ne gère plus la résidence Pergola, c’est Hérault-Habitat qui s’occupe des dossiers. Quant au F4 de Las Rébès, il n’est pas plus humide que les autres. Après une remise en état, il correspond à ses envies. Il est certain que si les locataires n’aèrent pas, le logement ne peut être qu’humide ! Par ailleurs, elle souhaite un F4 à Malbosc ou à La Paillade. Les loyers sont beaucoup plus élevés. C’est entre 600 et 700 € par mois. Ce n’est pas 567,99 €. Les appartements sont attribués en fonction des opportunités de libération et du dossier. Sa demande a été étudiée en prenant en compte son handicap, celui de sa fille, et ses ressources financières. La commission d’attribution ne peut pas lui proposer un logement qui la mettrait en difficulté financière.

 

Elle vous a envoyé son refus. Elle ne peut pas rester dans cette situation critique. Dans son rapport datant de début juillet, la Halde vous demande de “reconsidérer l’urgence de sa situation au regard de son handicap et de celui de sa fille dans un délai de quatre mois”. Elle a également demandé à Hérault-Habitat de trouver une solution. Qu’allez-vous faire de ce dossier durant les trois mois qui restent ? Travaillez-vous avec Hérault-Habitat à une solution ?

 

Nous travaillons ensemble sur le dossier de Saadia Ben Faraji. Nous allons étudier une autre solution mais toujours selon les disponibilités des appartements. Elle doit mesurer que ce n’est pas simple d’acquérir un logement dans Montpellier avec un loyer modéré. Le marché est saturé. Et les prix ne cessent de flamber. Si les offres d’Hérault-Habitat et de l’ACM ne lui conviennent pas, elle peut aller dans le privé.

 

Propos recueillis par Virginie Maillard


Photo Guillaume Bonnefont
Article paru dans La Gazette de Montpellier du n° 996 - Du 19 au 25 juillet 2007
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Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /2007 19:59
Recherche flirt devant les caméras

J’ai bien rigolé”, lance Seb, 22 ans, montpelliérain. Il a participé à l’émission de télé-réalité Next (diffusée sur Europe 2 TV, disponible sur le câbde et la TNT), version française et homo, tournée pendant deux mois à Montpellier et ses alentours. Le concept américain : des rendez-vous en speed-dating télévisuel au cours desquels un candidat, garçon ou fille, rencontre cinq célibataires désireux de le séduire.

Un seul mot suffit pour envoyer un prétendant aux oubliettes : Next ! Au suivant, je prends ou je jette, voilà le concept. “Les personnes de l’émission sont venues me recruter dans le bar Heaven”, explique Seb.

Les versions françaises, homo et hétéro, seront diffusées sur Europe 2 TV dès septembre. Un regret, Seb ? “Oui : tout est scénarisé.” C’est ça la dure loi de la téléréalité.

Virginie Maillard


Article paru dans La Gazette de Montpellier du n° 998-999 - Du 2 au 15 août 2007
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Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /2007 19:45

C’est ma première plongée

Merveilleux. C’était le 9 août dernier, près de Collioure. Après 25 minutes d’exploration sous-marine, une seule envie : replonger. J’enfile une tenue lestée. Sur le bateau, je commence à respirer dans le détendeur. Difficile, les premières fois. Après quelques inspirations en surface, je descends... Seuls le bruit de mon souffle et de l’eau sont audibles. Je m’enfonce dans les profondeurs. Le moniteur m’indique de me pincer le nez pour ne pas avoir mal aux tympans. En vain. Une légère douleur, supportable, m’envahit.
Arrivée au fond, je touche les algues vertes, les récifs roses, rouges et jaunes. Des anémones me collent aux doigts. Dans un renfoncement, surprise. Un poulpe. Ses tentacules bougent. Il se cache. Se recroqueville. Un peu plus loin, aïe, c’est un oursin. Puis, sur ma gauche, une étoile de mer. En main, sa couche orangée est rugueuse. Je me faufile entre deux rochers, et mes paumes frôlent les récifs veloutés. Je croise des espèces rayées de bleu et de jaune. Des gros. Des petits poissons. Sur une bordure de rocher, je tâte une boule molle marron tachetée de noir. Au-dessus de ma tête, un groupe d’une trentaine de poissons. Vivement la prochaine.

Virginie Maillard

Article paru dans La Gazette de Montpellier du n° 1000 - Du 16 au 22 août 2007
 
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Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /2007 19:21
Vias : les cabanes de la “Côte Ouest”bientôt légalisées ?

La cabanisation, sur la côte ouest de Vias près d’Agde, c’est 2 400 propriétés dans une commune de... 4 354 habitants ! Même si une centaine de familles seulement vivent là toute l’année, ce n’est pas rien.

Pierre Charpentier et Marie-Thérèse Aubertin, anciens Auxerrois à la retraite, vivent ici en permanence depuis six ans. “Notre mobil-home est notre résidence principale. Elle a été reconnue par la préfecture.

Au départ, en 1977, quand ils achètent le terrain (2 400 € les 1 200 m2), c’est seulement pour les vacances. Puis, en 1993, la mairie* autorise les résidents à laisser le mobil-home toute l’année. Elle accepte même que les vacanciers construisent une petite terrasse de 6 m2. Afin de se protéger du vent, le couple ferme cette avancée. “Après ces travaux, le logement est devenu confortable et habitable toute l’année.

 Ils décident alors de s’y installer pour leur retraite. En 2001.

Mini-village

Pour installer l’eau et l’électricité, le couple et les autres habitants de la “Côte Ouest” se constituent en association syndicale libre (ASL), par quartier. Ce mini-village est ainsi divisé en sept ASL. Pierre Charpentier est le président de “l’ASL des Peupliers”.

Les 350 occupants des Peupliers sont copropriétaires du compteur d’eau, du transformateur EDF et chacun est propriétaire de son terrain. Ils ont une fosse septique, de l’eau potable et sont réglementés par la DASS (Direction des affaires sanitaires et sociales), la préfecture et la mairie.

Alors pourquoi dérangent-ils? Parce qu’ils ne paient pas la taxe d’habitation et foncière ? “Chaque propriétaire est prêt à la payer mais la mairie ne veut pas. Nous demandons que ça, d’être en règle !” À l’année, les seules taxes qu’ils versent sont de... 41,10 euros par emplacement. Toutefois, “cette population estivale a permis de développer l’économie de Vias. Sans nous, la ville ne serait pas la même aujourd’hui”, avancent les résidents.

Et voilà que la mairie se met en tête, depuis quelques saisons, d’arrêter l’expansion de la “Côte Ouest”. “Certains ont abusé du laxisme du maire”*, reconnaît Marie-Thérèse Aubertin. En effet, quelques propriétaires d’une des sept ASL ont acheté des terrains et installé des mobil-homes qu’ils louent l’année. La mairie de Vias a porté plainte. Les propriétaires-loueurs ont perdu, ils ont fait appel.

Fin de la cabanisation ? Dès le 5 octobre prochain, un décret national stipule que tout mobil-home installé sur un terrain n’appartenant pas à un parc résidentiel de loisirs (PRL) ou à un terrain de camping, ou encore à un village de vacances, sera démonté illico.

Compromis

Aussitôt les sept ASL de la “Côte Ouest” se rassemblent en Association des propriétaires de la côte ouest de Vias (APCOV) et constituent un dossier de PRL, qui sera déposé en septembre prochain à la préfecture.

 Si le projet est accepté, les propriétaires pourront laisser leur mobil-home toute l’année. En revanche, ils devront y habiter seulement six mois de l’année.

Un compromis qui devrait permettre à la fois de ne rien casser tout en encadrant sérieusement le phénomène. Le couple auxerrois ne déménagera pas. “Nous prendrons probablement un petit appartement dans Vias en complément, ou alors, l’hiver, nous irons passer quelques mois chez nos enfants, à Auxerre.

Virginie Maillard


* La Gazette a tenté en vain de joindre Michel Saint-Blancat, maire, à plusieurs reprises jeudi et lundi...

Photo Guillaume Bonnefont
Article paru dans La Gazette de Montpellier du n° 1002 - Du 30 août au 5 septembre 2007
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Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /2007 19:04
L’école loufoque à la Cicrane

Futurs professeurs, s’abstenir. Éduquons, éduquons, éduquons, pièce écrite et mise en scène par Michel Saillard, le patron de la Cicrane, caricature de jeunes profs venus enseigner dans une ZEP de la région parisienne. Pour l’enseignante issue de sa Lozère natale et la rêveuse naïve fraîchement diplômée, qui rêvent toutes deux à l’école idéale, le lycée ZEP est un cauchemar. Toute l’année scolaire est balayée en un seul spectacle : compte rendu des profs, forcément dépressifs et absents, compte rendu d’une jeune lycéenne (un des meilleurs moments de la pièce) qui ne comprend pas la moitié des mots employés par les profs et occupation du lycée par les parents d’élèves. Autant de moments drôles et loufoques. La pièce peut-elle tuer des vocations ? Pas sûr, mercredi 12, la moitié de la Cicrane semble occupée par des enseignants qui ne cessent d’éclater de rire.

Mardi et mercredi à 21h. 9 rue Sainte Ursule, Montpellier, 04.67.86.42.90 / O6.76.08.54.76 appel gratuit depuis un tel fixe : 08 73 05 48 31. Tarif : 15 euros (12 euros).

Virginie Maillard

Photo de la Cicrane
Article paru dans La Gazette de Montpellier n° 1005 - Du 20 au 26 septembre 2007
 
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Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /2007 18:48
École : le privé attire de plus en plus

Des classes à plus de trente élèves, de gros établissements comme Nevers (999 élèves) à Montpellier, et pourtant de longues listes d’attente…

“J’ouvre les inscriptions dès le 15 octobre prochain pour la rentrée 2008”, précise Françoise Gaussin, responsable de l’enseignement catholique. Même si les parents se ruent dès cette date, la responsable souligne qu’elle ne peut pas assurer une place à l’élève. “On joue sur les désistements ou les départs.” Dans l’Hérault, le privé c’est 56 écoles élémentaires, 20 collèges et 8 lycées. En moyenne, c’est une quarantaine d’élèves sur liste d’attente dans chaque niveau. Exemple : pour un collège, quatre niveaux, c’est 160 collégiens en attente.

Les gens se tournent vers le privé car les élèves ont un suivi personnalisé”, estime Charles Ursule, président de l’APEL (Association des parents d’élèves du privé). “Les grèves, la peur des mauvaises fréquentations et la réputation de l’établissement sont des raisons de la fuite du public vers le privé”, précise Catherine Belhomme, présidente de la FCPE. Paul-Jacques Guiot, inspecteur d’académie de l’Hérault, n’a, lui, pas de commentaires à fournir sur ce sujet.

Virginie Maillard


À Las Cazes, on prépare
l’école après l’école


Les “orphelins de 16 heures” ne seront plus abandonnés dès la Toussaint. Chaque soir de la semaine, après les cours, les collègiens de ZEP (zone d’éducation prioritaire) ont deux heures d’aide aux devoirs, d’activités culturelles ou artistiques. À Las Cazes (quartier du Petit-Bard), cette réforme est en phase de gestation. “L’équipe pédagogique réfléchit pour la concrétiser. À la prérentrée, j’ai fait un appel auprès des associations pour les activités culturelles et artistiques. Mais que va-t-on apporter de plus aux élèves ?”, s’interroge la principale, Claude Maurer.
À Las Cazes, il existe déjà des études du soir et des activités extrascolaires proposées par l’UNSS (Union nationale du sport scolaire) ou le foyer socio-éducatif.
Pour Catherine Belhomme, présidente de la FCPE (association des parents d’élèves), c’est une bonne idée mais “comment va-t-on la financer ?” Ces activités sont encadrées par des professeurs volontaires payés en heures supplémentaires, des aides-éducateurs ou des animateurs d’association. L’académie de Montpellier a plus de 57 300 heures supplémentaires pour instaurer ce projet. Suffiront-elles ? Bilan en juin.

Virginie Maillard

Articles parus dans La Gazette de Montpellier du n° 1003 - Du 6 au 12 septembre 2007
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Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /2007 18:38
Retour aux sources du rock’n’roll

La banane d’Elvis revient à la mode. Jusqu’au 28 octobre, la fondation Cartier à Paris fait un retour aux sources du rock’n’roll à travers des affiches, objets et musiques.

Pour les novices, pas de panique. Dès l’entrée, les têtes d’affiche comme Bill Haley ou le grand Elvis Presley (photo) apparaissent dans un film racontant la genèse du rock’n’roll. La visite réserve des surprises. Dans une vitrine, l’une des premières guitares du King, une “Martin” acoustique. Dans la grande salle, une Cadillac, des juke-boxes collectors et un studio d’enregistrement d’époque. Envie de réécouter Rock Around the Clock? Un juke-box est à votre disposition. Place à la musique…

L’exposition vous permet de découvrir ou de revoir ces musiciens endiablés qui ont fait danser des millions d’Américains: Ray Charles, Buddy Holly, Jerry Lee Lewis, Gene Vincent. L’exposition Rock’n’roll 39-59, c’est aussi des clichés noir et blanc de danseurs, de chanteurs et des scènes rappelant cette sordide époque où la ségrégation raciale avait sa place aux États-Unis. Un beau come-back.

Virginie Maillard


Jusqu’au 28 octobre, tous les jours, sauf le lundi, de 10h à 20h, à la fondation Cartier à Paris. Tél. 0142185672. Entrée: 7,50 € (5,50 €).

Photo “GOING HOME” © ALFRED WERTHEIMER, ALL RIGHTS RESERVED. COURTESY STALEY WISE GALLERY, NEW YORK
Article paru dans La Gazette de Montpellier du n° 1004 - Du 13 au 19 septembre 2007
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Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /2007 18:23
Pub contre l’anorexie :
faut-il passer la photo ?


En regardant autour de moi, je me disais que je n’étais pas la pire”, témoigne Amélie*, 27 ans, ancienne anorexique. Il y a quatre ans, cette Montpelliéraine pesait 38 kilos pour 1,67 m, aujourd’hui elle stabilise son poids à 50 kilos. Quand Amélie voit la campagne de pub du photographe italien Oliviero Toscani, où Isabelle Caro, 25 ans, malade depuis douze ans, pose nue, elle est surprise. “Cette image est choquante pour les personnes extérieures à la maladie,commente Amélie. Mais en revanche, ce cliché incite les malades à se dire qu’il y a pire qu’elles, à relativiser leur état.

L’opinion du professeur Jacques Bringer, chef de service des maladies endocriniennes, est mitigée à propos de cette photo. Il estime que cette publicité peut-être utile aux parents. “Certains font semblant de ne pas voir l’état de leur enfant. La dureté de l’image peut les faire réagir.” Utile aussi aux jeunes filles qui sont au début du processus anorexique : “L’aspect physique de cette jeune Française peut les faire arrêter.

Mais pour les autres, les personnes anorexiques, il le dit tout net : la campagne de pub est inutile. “En voyant la photo, les jeunes filles anorexiques se diront : “Elle est maigre mais pas moi.” Les malades n‘ont plus conscience de leur silhouette. Quand on leur demande de choisir une photo de morphologie qui corresponde à la leur, les patientes pointent du doigt un corps plus gros que le leur.

Qu’elle soit utile ou pas, le Bureau de la vérification de la publicité a interdit cette campagne de pub en France.

  Virginie Maillard

* Le prénom a été changé.

Photo visible sur www.nolita.it

Article paru dans La Gazette de Montpellier du n° 1007 - Du 4 au 10 octobre 2007
 
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Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /2007 18:04
undefined ALONA AUDZEYENKA, expatriée biélorusse
Pas facile de s’adapter quand on est une poupée russe

 

À Mauguio, j’ai tout. La mer, la montagne, mon mari et Paris”,témoigne Alona Audzeyenka, une jeune mariée biélorusse de 30 ans. À Mauguio depuis six ans, Alona a eu deux coups de coeur :le paysage français et son mari.
En été 2001, elle rencontre son premier coup de coeur. “J’étais venue 15 jours en vacances chez ma cousine à Sète. Son mari avait un ami célibataire, Jean-Claude. Nous sommes tombés amoureux. Je me suis mariée.
L’adaptation à la vie française est un parcours du combattant. Déjà, l’apprentissage de la langue, “c’est difficile d’apprendre le français”. Puis les surprises alimentaires. “Le pire ? La découverte du camembert dans le frigo de mon futur mari. Quand j’ai vu cette couche de moisissure blanche, j’ai été e. Je l’ai pris du bout des doigts et je l’ai jeté à la poubelle”, se souvient-elle en riant. En Biélorussie, le fromage ressemble plutôt au gouda.
Quant au style de vie des Françaises, c’est le drame. En Biélorussie*, les femmes prennent soin de leur apparence. Elles sortent maquillées et bien habillées. “Quand j’ai vu une femme faire ses courses en survêtement et sans maquillage, j’ai été choquée”, confie-t-elle, les yeux soulignés d’un trait noir et d’un fard à paupières orange. Les poupées russes, ce n’est pas qu’un conte pour enfant !
Et le travail ? Alona était lieutenant chez les pompiers. Elle travaillait 45 heures dans les bureaux. Dès qu’un accident important survenait, jour ou nuit, elle partait sur le terrain aider ses collègues. À Mauguio, sa vie professionnelle est plus régulière.


Saunas
Elle est embauchée comme préparatrice de commande dans un supermarché à 35 heures par semaine. “Le poste me convient. J’ai des horaires souples qui me laissent le temps de m’occuper de mon fils.” Même si son métier est moins fatigant, elle regrette ses week-ends à la “datcha” (maison de campagne). Chez moi, nous avons une vraie coupure le week-end. Nous partons toujours en famille ou entre amis. C’est un moment de détente et d’échange.
La datcha est un lieu convivial. Les garçons d’un côté et les filles de l’autre se réunissent dans les saunas. “On se raconte nos petits secrets entre filles.
Quitter Mauguio et retourner à Minsk, sa ville natale ? Impossible. “La France est mon deuxième coup de coeur. Je ne veux plus partir. Pourtant sa famille et ses amis lui manquent. Encore un exemple où l’amour triomphe.

Virginie Maillard

* La Biélorussie (la “Russie blanche”) s’est engagée avec la Russie dans un processus d’union de type confédéral. Russie et Biélorussie étaient étroitement liées depuis 1772 jusqu’à la déclaration d’indépendance de la Biélorussie en 1991. Il y a une forte population russe en Biélorussie.
Photo Guillaume Bonnefont
Article paru dans La Gazette de Montpellier du n° 1007 - Du 4 au 10 octobre 2007
 
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Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /2007 17:43
Même les femmes enceintes ont leur coach

"Herrade a mis des mots sur ce que je vivais, elle m’a aidée à préparer mon accouchement”, raconte Carole Bourgeois, 43 ans. Elle a été accompagnée par une doula (mot grec signifiant servante). Cette figure maternelle est née aux États-Unis, dans les années 1970.

Une doula, c’est la mère des futures mères, le recul en plus, le jugement moral en moins : une accompagnatrice. Elle n’est ni médecin, ni infirmière, ni sage-femme. Simplement une femme-mère qui parle à une femme. “Les futures mamans peuvent m’appeler jour et nuit”, raconte Herrade Hemmerdinger, doula montpelliéraine et maman de deux petites filles. Églantine Jouve, 25 ans, est maman d’un petit Aymé depuis cet été. Elle a fait appel à Herrade. “La doula m’a aidée à prendre confiance en moi pour l’accouchement. J’étais dans le doute. Personne ne répondait à mes interrogations.

Pourtant, ce rôle d’accompagnatrice à la naissance porte un nom, sage-femme. “Ma sage-femme n’avait jamais le temps de répondre à mes questions”, s’énervent les deux mamans.


Sages-femmes

Annie-Claude Auttan, présidente de l’ordre des sages-femmes de l’Hérault, s’insurge quand on lui parle de doula. “C’est le rôle des sages-femmes d’accompagner la maman ! La doula exerce une pratique illégale de la médecine.” Une circulaire interdit aux sages-femmes de travailler avec une doula. Elles peuvent être radiées de l’ordre. Et elle pousse un cri de colère : “Il n’y a pas assez de sages-femmes en France !

Mais les doulas le répètent : elles n’ont aucune compétence médicale et respectent une charte stricte. Et à terme, elles souhaitent faire reconnaître leur profession à l’État.

Virginie Maillard

Herrade Hemmerdinger, 04 67 58 75 94 ou 06 11 51 91 63, www.doulas.info. 40 € par entretien, 500 € le forfait et 250 € le jour de l’accouchement.


Photo Maxime Raimond
Article paru dans La Gazette de Montpellier du n° 1006 - Du 27 septembre au 3 octobre 2007
 
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Edito

Vous avez dit journaliste




Pourquoi devient-on journaliste ? Certains vous répondront : « J’y suis venu par hasard. Comme le métier me plaisait, je suis resté. » D’autres, vous rétorquent :  « C’est une passion, mais je ne peux pas l’expliquer… » Chacun a son histoire...
J’ai 8 ans. On est en 1990 à Esternay, une petite commune de 1500 âmes dans la Marne. Je suis assise sur les marches des escaliers en chêne, chez mes parents. Je joue à la poupée. Ce jour-là, comme tous les soirs à 20 heures, mon père me lance, déterminé : « Bon aller, va te brosser les dents. Demain, il y a école. » Je ronchonne comme d’habitude. Et comme je suis du genre têtue, je reste sur les escaliers. Mes parents fixent la télévision. Le JT commence. Une image m’interpelle : Un journaliste, micro en main, avec comme image de fond, le désert et les chars de guerre. Un gros « boum »  résonne dans la boite à images, comme dans les dessins animés. C’est la guerre du Golfe que le journaliste relate. Les images qui défilent devant mes yeux, je ne les comprends pas toutes. Toutefois, je ressens une tristesse. Et là, s’en savoir pourquoi, je lance à mes parents : « Plus tard, je serai comme lui. Je dénoncerai les guerres. Je serai journaliste. » Cette idée ne m’a jamais lâchée…
J’étais loin d’être une élève modèle à l’école. Tout au long de ma scolarité, les professeurs et les directeurs ne cessent de répéter à mes parents que je dois absolument choisir un autre métier que journaliste. Je n’ai pas le niveau.
L’été de mes 20 ans, pleins de rêves en tête, je pousse la porte d’un journal local : Le Pays Briard. Convention de stage en main, je rédige mes premiers articles. Bon, en 3e j’avais déjà fait un stage d’observation à l’Union, un quotidien régional, mais je ne travaillais pas, j’observais. Cette fois-ci, c’est du sérieux. Le journal me donne une chance : quatre jours en avril pour décrocher un stage d’un mois en été. Ok. J’adore les défis ! Challenge remporté... Je signe mon contrat de stage d’un mois en juin.
Juillet/Août. Il y a une place de journaliste remplaçant à pourvoir. Pendant un mois, je m’accroche et je leur démontre mes capacités pour occuper ce poste. Le 2 juillet, je paraphe mon premier CDD de deux mois en tant que journaliste remplaçante. J’ai passé quatre ans dans ce bi-hebdo. J’ai appris la base de mon métier : le terrain, l’écoute, la réactivité, l’humilité, le sujet et surtout ne jamais oublier pourquoi on a voulu être journaliste…

Virginie Maillard
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