Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /2007 17:30
Christine Petiticollin décolle pour la psycho

Depuis toute petite, j’ai envie de comprendre les relations entre les gens.” Une envie que Christel Petitcollin, psychothérapeute à Castelnau, a redécouverte en 1992 au cours de sa réorientation professionnelle. Une reconversion étonnante et réussie.
Son premier métier, hôtesse de l’air, elle l’exerce d’abord à l’aéroport Charles-de-Gaulle à Paris, puis dix ans à Air Littoral à Montpellier. “Je suis partie dans le premier plan de licenciement, en 1992. J’avais 32 ans, deux enfants en bas âge et je voulais me sédentariser.” Elle décide de se lancer dans la mise à niveau des adultes illettrés. “Pour enseigner à ces personnes, je devais avoir une formation de psychologue.
Banco, elle étudie alors la programmation neurolinguistique (PNL) qui permet d’améliorer la communication avec les autres et de développer ses ressources personnelles. Après avoir attrapé le virus de cette philosophie concrète, elle ouvre son premier cabinet à Annecy, en Haute-Savoie. Mais l’hiver est rude en montagne. Originaire de Montpellier, elle crée son deuxième cabinet à Castelnau. Bonjour la sédentarisation…
Toutes les deux semaines, la psychothérapeute de 47 ans retourne à Annecy. Elle divise son emploi du temps entre les conférences, ses consultations et un de ses grands plaisirs, l’écriture.“J’ai eu envie d’écrire à l’âge de 10 ans.” En 1998, elle anime une rubrique de psychothérapeute dans un mensuel en Haute-Savoie, Activités. “C’est un plaisir de partager son savoir sur les relations humaines.
Son désir d’informer est de plus en plus fort. Elle regroupe ses expériences dans un livre. Sa carrière d’écrivain est lancée. Son dernier livre (le dixième), paru mardi 25, Échapper aux manipulateurs, est le complément de son précédent, S’affirmer et oser dire non. “Certains patients sont sous l’emprise d’un manipulateur. Ils ne peuvent pas dire non.” Dans ce livre, elle donne des conseils pour être moins manipulable. “Moi-même, grâce à mes réflexions, je le suis moins, avoue-t-elle. C’est un plaisir de faire un travail sur soi. Je n’y trouve que du confort.” Un savoir qui parfois peut vous donner des ailes et qu’elle a envie de partager.

Virginie Maillard

Vendredi 12 octobre, présentation du livre “Échapper aux manipulateurs” au Chêne vert, à 18h30, Carrefour de Saint-Clément-de-Rivière.
Article paru dans La Gazette de Montpellier du n° 1006 - Du 27 septembre au 3 octobre 2007
 
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Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /2007 11:54
"Spectacle pas très mûr"

On est vraiment mal assis, mais des bonbons sont offerts. Le rideau s’ouvre sur un mari qui se plaint de sa femme, trop jovial pour être convaincant. Il prend le public à partie et j’ai du coup du mal à rentrer dans l’histoire. Le couple se chamaille plus qu’il ne se déchire et divorcer semble exagéré. Bref, ils coupent la maison en deux.

S’ensuivent des conflits prévisibles : le téléphone est du côté du mari et il sonne pour la femme, la télécommande est du côté de Madame et Monsieur veut zapper. De bons jeux de mots, mais la trame de l’histoire est grossière.

Trop ou pas assez, les acteurs dosent mal leur jeu : le mari, au bord du coma éthylique, s’exprime avec difficultés, mais oublie parfois de tituber. Contrairement aux personnages secondaires qui surjouent un peu. Quelques longueurs. Une histoire que l’on force à avancer. Et pourtant j’ai passé un bon moment. La générosité des acteurs sans doute.

  Virginie Maillard

Photo : La Cicrane, Michel Saillard

Article paru dans la Gazette de Montpellier, n°1002 - du 30 août au 5 septembre 2007.

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Mercredi 9 mai 2007 3 09 /05 /2007 13:02

«On a fumé le PS»

« Rien n’est gagné », annonce Thierry Lazaro député UMP du Nord, quelques minutes après les résultats.

Flash back. 15, 14, 13 secondes... Le siège de l’UMP, rue Solférino à Lille, s’enflamme et décompte. Nicolas Sarkozy arrive en tête. Explosion de joie à la fédération. Fred, un militant, chante la Marseillaise cigare à la main. Les gens crient « Sarko président ».
A l’extérieur, même ambiance. Une Clio blanche recouverte d’un drapeau bleu, blanc, rouge avec, sur chaque côté, des autocollants “les étudiants avec Sarkozy“, arrive en klaxonnant. Trois jeunes occupent la voiture. Ils sortent et hurlent :«On a fumé le PS ».
20h20. Les officiels débarquent au QG. « Ces bons résultats montrent que les gens ont envie de bouger les choses », dit Thierry Lazaro. Sylvie Drapi, conseillère municipale UMP à Houplin confirme ses propos et « attend un vrai débat droite /gauche. » Et François Bayrou ? Thierry Lazaro affirme qu’il « n’attend rien de lui mais beaucoup de ses électeurs. » Quant à Marc-Philippe Daubresse, député/maire de Lambersart, il espère que « ses amis de l’UDF vont retrouver le bon chemin. »

Virginie Maillard


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Mardi 8 mai 2007 2 08 /05 /2007 20:41

Contrat nouvelle chance, statut précaire ?

  Le contrat première chance (CPC), proposé par Ségolène Royal, fait débat. La CFDT est d’accord avec le principe, contrairement à l’Unef qui s’oppose à ce nouveau “statut précaire”.


Le CPC est un dispositif “transitoire” qui est destiné à faire entrer sur le marché du travail les jeunes sans formation. Une première période de trois mois, avec un tuteur de l'ANPE, va évaluer la personne en situation d'emploi. Le jeune aura alors le statut de stagiaire. Au bout de cette période d’essai, le stagiaire, ayant signé un CPC, aura trois possibilités : accepter un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation, ou un contrat de formation en alternance ou encore un CDI. Les régions remboursent le salaire et les charges patronales à l'entreprise pendant un an (les trois mois de stage inclus). Si l'entreprise, dans un délai de 18 mois, veut se séparer du jeune, elle devra rembourser l'ensemble des salaires et des cotisations à la région.

Contrat première embauche (CPE) bis ou chance pour l’insertion des jeunes dans le monde du travail ? La proposition de Ségolène Royal divise. La CFDT est pour. « Même si pour le moment il est difficile de se positionner sur une idée, nous sommes d’accord avec le principe. Ce contrat va permettre aux jeunes, sortis du système scolaire, de mettre le pied à l’étrier », détaille Séverine Romanowski, responsable régional interprofessionnel de la CFDT du Nord-Pas de Calais.

Pour l’Unef, c’est non ! Les étudiants ne veulent pas de ce “nouveau contrat précaire”. Michaël Ackuaviva, vice-président de l’Unef de Lille raconte : « L’annonce de ce CPC a fait un vrai tollé dans le milieu étudiant. C’est encore scinder la jeunesse en deux comme pour le CPE. Ce contrat est une voie de garage pour les plus défavorisés. Et puis, c’est une charge énorme pour la société puisque ce sont les collectivités locales qui vont payer le salaire et les charges patronales. Ce n’est plus l’entreprise qui finance mais le contribuable ! Ce CPC ne peut être qu’un contrat précaire… au bout des trois mois d’essai, quelle entreprise signera un CDI ? Elles préfèreront proposer un contrat d’apprentissage ou d’alternance. »

Un an après l'enterrement du CPE par Jacques Chirac, la LCR dénonce un « CPE new-look » et le Parti communiste « un CPE de gauche ». Séverine Romanowski dément fermement cette assimilation. « Le CPC n’a absolument rien à voir avec le CPE !, s’énerve-t-elle. Le CPE imposait une période d’essai de deux ans où le jeune était éjectable sans aucun motif. Dans le CPC, il y a seulement une période d’essai de trois mois comme dans tous contrats de travail. »

Précaire ou pas, le CPC ne fait pas l’unanimité à gauche. Dans la vidéo du pacte présidentiel, le CPC est cité une fois… pendant dix secondes.

Virginie Maillard

Article extrait du dossier :
Chômage, la région touchée au coeur (La Pression)

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Mardi 8 mai 2007 2 08 /05 /2007 20:18

Une page  se tourne

Les salariés d’Energy Plast, à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), sont devenus un symbole dans la campagne présidentielle. Ces femmes représentent « la France en désespérance », selon l’expression de François Bayrou, qui leur a rendu visite au cours de sa campagne électorale.

 

« C’est notre livre d’or ! Il retrace tous nos bons moments dans l’entreprise. » Monique, ancienne employée d’Energy Plast est l’heureuse propriétaire du “livre à souvenirs”. Sa couverture est jaune, c’est elle qui a choisi. « Je n’ai pas encore eu le temps de coller toutes les photos. » Elle sourit pour s’excuser.

L’idée est venue de Jacqueline. « Je suis en arrêt maladie depuis trois ans.Comme je n’avais plus l’occasion de voir mes copines régulièrement, j’ai décidé de rassembler toutes nos photos dans un livre souvenir. Monique a été séduite par l’idée, elle a fait pareil. C’est un beau souvenir. Je pourrai le montrer à mes petits-enfants », raconte-t-elle, fière de son idée.

Photos de repas et parties de rigolade, à côté de la chaîne de travail…Toutes, autour du livre d’or, elles se souviennent,avec nostalgie.« Tu te souviens de ce dîner paella ? C’était vraiment sympa… » Le licenciement c’est aussi quitter ses collègues. « En moyenne, nous avons passé 18 ans dans l’entreprise »,dit Monique. Elles ont été licenciées du jour au lendemain. Ne veulent pas laisser ces années s’évanouir. « On prenait des photos à côté de nos machines à l’atelier. On s’amusait bien. » Monique a les yeux brillants. Reprendre l’idée de Jacqueline, certes, mais Monique voulait une touche personnelle. « Je demande aux personnes d’inscrire un petit mot à côté du cliché, ainsi que leurs coordonnées. Elles peuvent parler de moi, ou d’autre chose », affirme la chômeuse.

Quand les quatre candidats à la présidentielle sont passés par l’usine,Monique a souhaité figer l’instant. Olivier Besancenot, Arlette Laguiller, Marie-George Buffet et François Bayrou ont paraphé le cahier jaune. « Ils ont tous inscrit un message de soutien et d’encouragement pour l’avenir. » Même si l’avenir s’annonce incertain, elles espèrent remplir leur livre.

Virginie Maillard

Article extrait du dossier :
Chômage, la région touchée au coeur (La Pression)

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Mardi 8 mai 2007 2 08 /05 /2007 19:51

A l'heure de l'apéro les locataires de l'Élysée discutent

Avant le premier tour de l'élection présidentielle, chaque jour, un journaliste du quotidien LA PRESSION (journal de l'ESJ-Lille) se rendait à  l’Élysée… un café du quartier de Lille-Moulins. La rédaction suivait, de près, la campagne.

 

 Au café de l’Élysée, quartier de Moulins, l’apéro du jour est animé. Devant son verre de champagne, Alfreda, 68 ans s’exprime haut et fort. Ronde, cheveux gris, elle a un peu bu. « Je n’ai pas honte de le dire, moi, je vote Le Pen. » Yvonne, 69 ans, lunettes, menue, est plus modérée. «Pour moi, c’est Ségo », déclare-t-elle simplement, un verre de rosé à la main. Alfreda boit à petites gorgées. Lorsqu’on lui demande ce qu’elle pense des hommes politiques, elle se met à chanter : «Paroles, paroles, paroles… voilà l’action des hommes politiques. La gauche et la droite c’est pareil ! Et je suis bien contente que Bayrou baisse dans les sondages. Lui, il est comme les deux autres, il ne sert à rien . »
Plus loin, des hommes attablés près de la porte. L’ambiance est calme. Bière à la main gauche. Cigarette à la droite. Ici, on ne parle pas politique mais boulot. « Nous sommes en pleine réunion de chantier », dit Christian, un ouvrier de 39 ans. Plutôt de gauche ou de droite, les travailleurs ? L’un d’eux ne sait pas. Un autre ne veut pas répondre. « Je suis plutôt un toxicobus !», sourit le troisième, Eric, 41ans.
Toxicobus ? Nouveau parti politique ? Eh bien non. Tout simplement une nouvelle expression “ élyséenne ”. « Je suis un ancien détenu, et je n’ai pas le droit de vote, sinon je voterais pour les Verts. Fumer un joint pour se soigner et limiter la pollution en prenant le bus, bref la vie d’un toxicobus !», explique-t-il, en riant aux éclats. Face à lui, un homme qui lui aussi a connu la prison. Il sourit.

Virginie Maillard

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Lundi 7 mai 2007 1 07 /05 /2007 18:02

Axelle Boulanger, 24 ans, chef d’entreprise à Marcq-en-Baroeul

La beauté à domicile 

 


Axelle Boulanger a créé son entreprise d’esthétisme à domicile. Comme beaucoup de jeunes chefs d'entreprise, cette grande blonde a parfois du mal à boucler ses fins de mois. Depuis sept mois, elle travaille pour rembourser ses prêts. Malgré tout, son ambition et sa soif de réussite lui donnent envie de continuer.

 

Ambitieuse : 24 ans et déjà chef d’entreprise. C’est le défi que s’est lancée Axelle Boulanger, esthéticienne à domicile depuis sept mois à Marcq-en-Baroeul.
Cette décision, elle l’a prise un mardi matin, en claquant la porte du salon où elle travaillait depuis neuf mois : « J’ai été dégoûtée du travail en Institut. J’avais l’impression d’être en prison. On ne rigole pas. C’est l’usine. On n’a pas du tout la même relation avec les clientes en institut qu’à domicile. C’est plus intime chez la cliente. Elle est souvent plus à l’aise. » Mais ce qui l’a écœurée, c’est l’absence de récompense. « J’ai doublé le chiffre d’affaire de ma patronne et je n’ai jamais eu de prime. De plus, être salarié c’est de l’exploitation. Elle me payait au Smic, 950 € net. Après un ras-le-bol général, j’ai démissionné. Puis, j’ai dit à mon père : je veux être ma propre patronne», raconte-t-elle.
La  décision est prise. Elle se lance dans la grande aventure. Créer sa "boîte". Jeannine, sa maman, croit en elle. « C’est la première de mes trois enfants. Axelle a toujours eu cette ambition. Elle n’a jamais eu  peur de se lancer. » Même si elle a toujours voulu faire de l’esthétisme « c’était ma vocation », insiste elle ses parents n’étaient pas séduit par cette idée. « Ils préféraient que je fasse médecine.  Mais la vue du sang me fait tourner de l’œil. » (Rires)

Passionnée d’esthétisme depuis son enfance, elle ne voulait pas exercer un autre métier. « J’ai longuement discuté avec mon père en lui expliquant que je voulais à terme créer mon entreprise. Il a été séduit par cette idée. J’ai alors fait un BTS d’esthétisme après mon bac scientifique. » Ce métier lui va bien. « Toute petite, elle était déjà coquette. Elle ne s’est jamais laissée aller. » Du haut de ces 1 m 72 et ses 56 kilos, Axelle l’avoue : « Je fais beaucoup de sport et j’essaie de manger sainement. Quand on exerce le métier d’esthéticienne, il faut prendre soin de soi. Mais je regrette quand même les clichés de ce métier. Je prends soin de moi, certes, mais je n’ai pas envie d’être superficielle ! »
Mi-juillet, elle commence ses démarches pour créer “Axelle esthétique”. « Du courage, de l’ambition et de la motivation », sont les qualités à avoir pour monter son affaire, selon sa mère. « Si son père n’avait pas été derrière elle pour l’épauler, elle ne s’en serait jamais sortie toute seule. La charge administrative est beaucoup trop lourde. » Axelle le confirme : « Mon père est expert-comptable. Même lui commence en avoir marre de cette surcharge de papiers.»

Cette grande blonde aux yeux bleus organise son emploi du temps de l’été entre les rendez-vous à la Chambre des commerces, sa formation de trois semaines, la rencontre des banquiers et l’Urssaf. « J’ai eu des difficultés à obtenir mon prêt. Si je n’avais pas eu la chance d’avoir un père avec une bonne situation, je n’aurais jamais pu créer “Axelle esthétique”. » Le plus dur est fait ? Pas tout à fait. Après sept mois d’activité, Axelle ne peut toujours pas se payer. « Je dois travailler en tant qu’hôtesse à côté. Ce sont ces 200 €qui me permettent de manger. L’argent de mes clientes me sert à rembourser mes prêts, acheter mes produits et mettre de côté de l’argent pour payer les charges l’année prochaine. » Axelle a moins de 25 ans. Elle a pu bénéficier d’une exonération de charges la première année de création. Difficile de tenir, certes. Mais, Axelle n’est toujours pas découragée malgré cette précarité passagère. Elle veut continuer. D’ailleurs, pour pouvoir le faire, la banque lui a accordé un second prêt. « Je vis avec mon petit ami. Il est pompier et formateur aux premiers secours. Pour le moment, nous vivons avec son salaire. »
Le stress, Axelle ne connaît pas. « J’aime ma situation. J’ai une cliente en phase terminale. Je lui fais des soins du visage et des massages. Elle se sent bien et oublie un moment sa maladie. Le bien-être que je lui apporte est une satisfaction. C’était mon envie de faire des services à la personne. » Le soir, quand elle rentre chez elle, elle retrouve ses chiens préférés, les Carlins.
« Ce sont des chiens affectueux et adorables. J’adore me poser dans mon canapé et leur faire des papouilles. Ça me détend. Plus tard, j’aimerais faire un élevage. En fait, j’ai envie de faire plein de choses ! »

Axelle esthétique : 06 13 18 50 85.

Virginie Maillard

 

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Dimanche 24 décembre 2006 7 24 /12 /2006 00:52
Les différents mouvements musulmans et leurs présidents

L'Islam en France


Schéma créé par Virginie Maillard
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Samedi 23 décembre 2006 6 23 /12 /2006 23:54

Lille : Lycée Averroès, le premier privé de France

 

Que propose-t-il ?

 

Averroès a été le premier lycée d’enseignement privé musulman créé en France métropolitaine. Amar Lasfar, le recteur de la mosquée de Lille-Sud en est l’initiateur.
En 1994, une vingtaine de jeunes filles musulmanes se fait expulser du lycée Faidherbe de Lille pour avoir refusé d’enlever leur hijab (foulard islamique) au sein de l’établissement scolaire. Elles sont prises en main par la Mosquée de Lille-Sud qui réussit à les conduire au baccalauréat avec 50% de taux de réussite.
Le projet du lycée Averroès naît. Les jeunes qui le souhaitent pourront venir à l’école vêtus du hijab. Les classes sont installées à l’étage de la mosquée. Après huit ans de préparation et trois refus successifs, il ouvre enfin ses portes en septembre 2003.
15 élèves et 12 professeurs inaugurent les lieux.
Aujourd’hui, le lycée compte un peu plus de 70 élèves et 22 professeurs. Les frais de scolarité sont d’environ 1.000 €.
L’établissement, reconnu par l’Etat, est ouvert à tout le monde. Seules différences : quatre heures d’arabe et civilisations musulmanes sont enseignées par semaine. Ce sont des options facultatives. La cantine du lycée est hallal.

Virginie Maillard

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Samedi 23 décembre 2006 6 23 /12 /2006 23:43
 
Franck Frégosi, chercheur au CNRS
« C’est une énième tentative »

 

« Un projet parmi d’autres », c’est ce que martèle Franck Frégosi, chercheur au CNRS. Spécialiste de l’Islam, ce chercheur reste sceptique sur  la laïcité de l’Institut Avicenne.
Toutefois, il fait partie du Conseil Scientifique de l’établissement. Il sera donc chargé, avec d’autres spécialistes, de déterminer le contenu du programme d’études.

Que pensez-vous de l’ouverture de l’Institut d’Avicenne ?

Franck Frégosi : « C’est une énième tentative ! Il existe déjà la même chose à Saint-Ouen ou dans la Nièvre. Le projet reste orienté vers la pensée islamique. Toutefois, pour le moment, on ne peut pas juger. Nous n’avons aucun recul. Malgré tout c’est une idée intéressante. Plus il y aura d’initiative et mieux c’est. »

Mohamed Béchari défend l’idée que cet Institut est laïc. Qu’en pensez-vous ?
F.F. : « Déjà, aujourd’hui, le mot laïc est utilisé à toutes les sauces ! Par ailleurs, Avicenne* ce n’est pas neutre. L’Institut va dispenser des matières religieuses. Je ne pense pas que l’établissement puisse se prétendre sans convictions religieuses. »

Quelle formation proposez-vous pour les cadres religieux musulmans ?
F.F. : « En introduction, rappelons que moins de 20% des Imams ont la nationalité française. Et la plupart d’entre eux, venus de Turquie et d’Algérie, ne parlent pas français. Pour stopper ces « flux d’importation » on pourrait développer un enseignement supérieur musulman. Le statut de ces établissements d’enseignement supérieur peut être public, à l’image des filières théologiques de l’Université Marc Bloch à Strasbourg, ou privé, comme l’institut catholique de Paris ou encore l’institut protestant de Paris. Leur formation initiale ou continue, devra privilégier le pluralisme théologique. Cette formation pourrait se faire par le biais de partenariats avec les grandes universités étrangères musulmanes. Un cursus complémentaire permettrait aux imams en poste de se familiariser avec les usages français. »

Propos recueillis par Virginie Maillard


* : Avicenne était un médecin, philosophe, poète, homme d’Etat musulman du
X-XIème  siècle. Précurseur de l’Humanisme, il a inspiré de nombreux penseurs chrétiens. Son approche du religieux était relativement moderne et empreinte de tolérance.

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Edito

Vous avez dit journaliste




Pourquoi devient-on journaliste ? Certains vous répondront : « J’y suis venu par hasard. Comme le métier me plaisait, je suis resté. » D’autres, vous rétorquent :  « C’est une passion, mais je ne peux pas l’expliquer… » Chacun a son histoire...
J’ai 8 ans. On est en 1990 à Esternay, une petite commune de 1500 âmes dans la Marne. Je suis assise sur les marches des escaliers en chêne, chez mes parents. Je joue à la poupée. Ce jour-là, comme tous les soirs à 20 heures, mon père me lance, déterminé : « Bon aller, va te brosser les dents. Demain, il y a école. » Je ronchonne comme d’habitude. Et comme je suis du genre têtue, je reste sur les escaliers. Mes parents fixent la télévision. Le JT commence. Une image m’interpelle : Un journaliste, micro en main, avec comme image de fond, le désert et les chars de guerre. Un gros « boum »  résonne dans la boite à images, comme dans les dessins animés. C’est la guerre du Golfe que le journaliste relate. Les images qui défilent devant mes yeux, je ne les comprends pas toutes. Toutefois, je ressens une tristesse. Et là, s’en savoir pourquoi, je lance à mes parents : « Plus tard, je serai comme lui. Je dénoncerai les guerres. Je serai journaliste. » Cette idée ne m’a jamais lâchée…
J’étais loin d’être une élève modèle à l’école. Tout au long de ma scolarité, les professeurs et les directeurs ne cessent de répéter à mes parents que je dois absolument choisir un autre métier que journaliste. Je n’ai pas le niveau.
L’été de mes 20 ans, pleins de rêves en tête, je pousse la porte d’un journal local : Le Pays Briard. Convention de stage en main, je rédige mes premiers articles. Bon, en 3e j’avais déjà fait un stage d’observation à l’Union, un quotidien régional, mais je ne travaillais pas, j’observais. Cette fois-ci, c’est du sérieux. Le journal me donne une chance : quatre jours en avril pour décrocher un stage d’un mois en été. Ok. J’adore les défis ! Challenge remporté... Je signe mon contrat de stage d’un mois en juin.
Juillet/Août. Il y a une place de journaliste remplaçant à pourvoir. Pendant un mois, je m’accroche et je leur démontre mes capacités pour occuper ce poste. Le 2 juillet, je paraphe mon premier CDD de deux mois en tant que journaliste remplaçante. J’ai passé quatre ans dans ce bi-hebdo. J’ai appris la base de mon métier : le terrain, l’écoute, la réactivité, l’humilité, le sujet et surtout ne jamais oublier pourquoi on a voulu être journaliste…

Virginie Maillard
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