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Publié par Virginie Maillard

Contrat nouvelle chance, statut précaire ?

  Le contrat première chance (CPC), proposé par Ségolène Royal, fait débat. La CFDT est d’accord avec le principe, contrairement à l’Unef qui s’oppose à ce nouveau “statut précaire”.


Le CPC est un dispositif “transitoire” qui est destiné à faire entrer sur le marché du travail les jeunes sans formation. Une première période de trois mois, avec un tuteur de l'ANPE, va évaluer la personne en situation d'emploi. Le jeune aura alors le statut de stagiaire. Au bout de cette période d’essai, le stagiaire, ayant signé un CPC, aura trois possibilités : accepter un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation, ou un contrat de formation en alternance ou encore un CDI. Les régions remboursent le salaire et les charges patronales à l'entreprise pendant un an (les trois mois de stage inclus). Si l'entreprise, dans un délai de 18 mois, veut se séparer du jeune, elle devra rembourser l'ensemble des salaires et des cotisations à la région.

Contrat première embauche (CPE) bis ou chance pour l’insertion des jeunes dans le monde du travail ? La proposition de Ségolène Royal divise. La CFDT est pour. « Même si pour le moment il est difficile de se positionner sur une idée, nous sommes d’accord avec le principe. Ce contrat va permettre aux jeunes, sortis du système scolaire, de mettre le pied à l’étrier », détaille Séverine Romanowski, responsable régional interprofessionnel de la CFDT du Nord-Pas de Calais.

Pour l’Unef, c’est non ! Les étudiants ne veulent pas de ce “nouveau contrat précaire”. Michaël Ackuaviva, vice-président de l’Unef de Lille raconte : « L’annonce de ce CPC a fait un vrai tollé dans le milieu étudiant. C’est encore scinder la jeunesse en deux comme pour le CPE. Ce contrat est une voie de garage pour les plus défavorisés. Et puis, c’est une charge énorme pour la société puisque ce sont les collectivités locales qui vont payer le salaire et les charges patronales. Ce n’est plus l’entreprise qui finance mais le contribuable ! Ce CPC ne peut être qu’un contrat précaire… au bout des trois mois d’essai, quelle entreprise signera un CDI ? Elles préfèreront proposer un contrat d’apprentissage ou d’alternance. »

Un an après l'enterrement du CPE par Jacques Chirac, la LCR dénonce un « CPE new-look » et le Parti communiste « un CPE de gauche ». Séverine Romanowski dément fermement cette assimilation. « Le CPC n’a absolument rien à voir avec le CPE !, s’énerve-t-elle. Le CPE imposait une période d’essai de deux ans où le jeune était éjectable sans aucun motif. Dans le CPC, il y a seulement une période d’essai de trois mois comme dans tous contrats de travail. »

Précaire ou pas, le CPC ne fait pas l’unanimité à gauche. Dans la vidéo du pacte présidentiel, le CPC est cité une fois… pendant dix secondes.

Virginie Maillard

Article extrait du dossier :
Chômage, la région touchée au coeur (La Pression)

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