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Publié par Virginie Maillard

Nous allons reloger Saadia Ben Faraji

La première demande de relogement de Saadia Ben Faraji, veuve handicapée, remonte à 1991. Elle habite dans un appartement insalubre au 8e étage avec trois enfants, dont une fille de 11 ans trisomique, attirée par le vide. L’ascenseur est souvent en panne selon la locataire. Avec les années, elle a développé un handicap au dos, reconnu par la Cotorep, car elle est obligée de porter sa fille jusqu’au 8e. La Cimade rend publique la décision de la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) qui vous condamne, ainsi que Hérault-Habitat, pour discrimination dans l’accès au logement. Comment peut-on arriver à une situation aussi dramatique ?

 

Louis Pouget : La commission d’attribution d’ACM, ex-Opac, a fait une proposition à cette locataire le 21 mai dernier. Elle a refusé. Nous lui avons attribué un F4 au rez-de-chaussée pour un montant de 567,99 € par mois à la résidence Las Rébès, alors qu’elle paie 551 € pour un F3 au Petit-Bard. Nous avons plus de 10 000 demandes en attente. Elle n’est pas la seule à être en difficulté. Nous avons des demandeurs qui sont à la rue en septembre parce que leurs logements sont mis en demeure. Ce sont aussi des cas urgents.

 

Saadia Ben Faraji demande un appartement sécurisé, en bon état et près du Château d’Ô (où sa fille est placée dans une institution privée). Sa seule exigence est donc d’avoir un F4 à la Pergola au premier étage, ou bien dans les résidences de Malbosc ou à La Paillade. Celui que vous lui avez proposé est trop humide et les fenêtres donnent sur la route. Sa fille peut se sauver facilement. Pourquoi ne pouvez-vous pas répondre à sa demande ?

 

L’ACM ne gère plus la résidence Pergola, c’est Hérault-Habitat qui s’occupe des dossiers. Quant au F4 de Las Rébès, il n’est pas plus humide que les autres. Après une remise en état, il correspond à ses envies. Il est certain que si les locataires n’aèrent pas, le logement ne peut être qu’humide ! Par ailleurs, elle souhaite un F4 à Malbosc ou à La Paillade. Les loyers sont beaucoup plus élevés. C’est entre 600 et 700 € par mois. Ce n’est pas 567,99 €. Les appartements sont attribués en fonction des opportunités de libération et du dossier. Sa demande a été étudiée en prenant en compte son handicap, celui de sa fille, et ses ressources financières. La commission d’attribution ne peut pas lui proposer un logement qui la mettrait en difficulté financière.

 

Elle vous a envoyé son refus. Elle ne peut pas rester dans cette situation critique. Dans son rapport datant de début juillet, la Halde vous demande de “reconsidérer l’urgence de sa situation au regard de son handicap et de celui de sa fille dans un délai de quatre mois”. Elle a également demandé à Hérault-Habitat de trouver une solution. Qu’allez-vous faire de ce dossier durant les trois mois qui restent ? Travaillez-vous avec Hérault-Habitat à une solution ?

 

Nous travaillons ensemble sur le dossier de Saadia Ben Faraji. Nous allons étudier une autre solution mais toujours selon les disponibilités des appartements. Elle doit mesurer que ce n’est pas simple d’acquérir un logement dans Montpellier avec un loyer modéré. Le marché est saturé. Et les prix ne cessent de flamber. Si les offres d’Hérault-Habitat et de l’ACM ne lui conviennent pas, elle peut aller dans le privé.

 

Propos recueillis par Virginie Maillard


Photo Guillaume Bonnefont
Article paru dans La Gazette de Montpellier du n° 996 - Du 19 au 25 juillet 2007

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